Apple LaserWriter (1985)
Une pièce clé de la publication assistée par ordinateur : PostScript d’Adobe, moteur laser Canon et réseau AppleTalk pour partager l’imprimante entre plusieurs Mac.

© Museums Victoria · CC BY 4.0 ↗ Redimensionnée, sans recadrage ni retouche.
Caractéristiques
| Connectivité | LocalTalk (AppleTalk) et série |
| Résolution | 300 ppp, 8 pages par minute |
| Point clé | Motorola 68000 à 12 MHz · PostScript · Apple |
Lancement
Apple a présenté la LaserWriter le 23 janvier 1985 lors de son assemblée annuelle des actionnaires au Flint Center de Cupertino, avec les Pointer Sisters sur scène et les vingt-sept employés d'Adobe dans la salle, selon l'histoire d'Adobe racontée par Macworld. L'accord de licence PostScript avait été signé en décembre 1983, et le même jour Aldus annonçait PageMaker, l'autre moitié de l'équation, selon Wikipedia. Les unités sont arrivées en mars 1985 à 6 995 dollars : cher en absolu, mais abordable face aux lasers d'IBM et Xerox, trois à dix fois plus chères, et les analystes ont vite salué sa qualité presque typographique , toujours selon Macworld. Apple fixe sa date de commercialisation au 1er mars 1985.
Le projet mûrissait en secret depuis des mois : à l'été 1984, Jobs appela d'urgence Jonathan Seybold, la référence de l'édition électronique, et lui montra dans une petite pièce de Cupertino un Mac relié à une LaserWriter, en compagnie de John Warnock, selon le récit de Seybold rapporté par Macworld. Apple avait déjà son accord avec Adobe, en signait un autre avec Linotype et disposait de vraies polices ; Seybold se souvient avoir compris instantanément que l'édition venait de changer à jamais. Macworld présente le résultat comme l'union de trois jeunes sociétés (Adobe, Aldus et Apple) qui créèrent la publication assistée par ordinateur en 1985.
Marketing
La clé commerciale fut le partage : via AppleTalk sur câble LocalTalk, une seule LaserWriter pouvait servir jusqu'à seize Mac, ramenant le coût par utilisateur sous 450 dollars, bien en dessous d'une laser personnelle, selon Wikipedia à partir de la littérature d'époque. Museums Victoria résume l'effet : la LaserWriter avec PostScript, le Mac et PageMaker (juillet 1985) faisaient en quelques minutes ce que la composition traditionnelle prenait des heures, et le Computer History Museum la compte parmi les pièces de la naissance de la PAO. À l'intérieur, un vrai ordinateur : un Motorola 68000 à 12 MHz avec 1,5 Mo de RAM, selon la fiche technique d'Apple; l'ordinateur le plus puissant d'Apple de l'époque, selon le musée.
Macworld reconstitue le contexte : avant la LaserWriter, trois compagnies seulement avaient lancé des imprimantes laser (IBM en 1979, Xerox avec sa Star en 1981 et HP avec la LaserJet en 1984, qui partageait le même moteur Canon que la LaserWriter), et toutes trois privées de la pièce essentielle : un ordinateur personnel graphique et abordable comme le Macintosh. L'alliance avec Adobe alla d'ailleurs au-delà de la licence : Apple détint jusqu'à 16,4 % de la société, une participation dont la vente fut annoncée en 1989, selon The New York Times.
Défauts et correctifs
Le prix de 6 995 dollars limitait son accessibilité, même si le réseau permettait de partager le coût, selon Macworld et Museums Victoria. Apple indique un poids de 77 livres (environ 35 kg) et une puissance de 760 W, à prendre en compte pour son installation. La fiche Apple donne le 1er février 1988 comme date de retrait de la LaserWriter originale. Selon Wikipedia, la gamme a accueilli de nouveaux modèles avant de prendre fin en 1997, alors que d’autres fabricants proposaient aussi PostScript et Ethernet.
Les fiches techniques Apple documentent la relève : la LaserWriter IISC de janvier 1988 employait un 68000 à 7,45 MHz, QuickDraw et SCSI. La IINT avait un 68000 à 11,5 MHz, 2 Mo de RAM et PostScript ; la IINTX un 68020 à 16,67 MHz, de 2 à 12 Mo et les émulations Diablo 630 et HP LaserJet en plus de PostScript. En octobre 1991 arriva la IIg avec un 68030 à 25 MHz, PostScript Level 2, PCL 4+, LocalTalk et Ethernet.